Les 12 et 13 juin 2026, l’Université de Neuchâtel accueillera un atelier international intitulé The Aesthetics of Games, consacré aux dimensions esthétiques des pratiques ludiques.
Organisé par Alexandre Declos (Université de Neuchâtel) et Nathan Wildman (Tilburg University), l’événement réunira des spécialistes de philosophie de l’art et des game studies autour des enjeux théoriques soulevés par l’expérience esthétique du jeu. La question de savoir si les jeux peuvent être considérés comme des œuvres d’art demeure débattue. Il n’est toutefois pas controversé que les jeux puissent posséder une valeur esthétique et présenter des propriétés esthétiques. Mais qu’est-ce qui caractérise l’attrait esthétique spécifique des jeux, et comment convient-il de le théoriser ?
Plusieurs réponses influentes ont été proposées. Certains soutiennent que l’esthétique spécifique des jeux réside dans leur interactivité (Tavinor 2009 ; Lopes 2010) ou dans les formes d’agency qu’ils configurent (Nguyen 2020). Christopher Bartel a récemment soutenu que l’esthétique des jeux vidéo dépend non seulement de leurs caractéristiques formelles, mais aussi des attitudes des joueurs, en distinguant plusieurs modes de jeu esthétiquement pertinents (orientation vers un objectif, engagement narratif ou jeu de type « dollhouse »). Frank Lantz (2024), en revanche, soutient que les jeux présentent une forme de beauté sui generis fondée sur leurs caractéristiques systémiques. La question de savoir comment ces approches peuvent être conciliées, et en quoi elles divergent fondamentalement, demeure ouverte.
Cet atelier vise à s’inscrire dans ces débats et à explorer plus largement l’esthétique des jeux. En réunissant des philosophes de l’art et des spécialistes du jeu, il examinera la manière dont les jeux mettent à l’épreuve les catégories héritées de la théorie esthétique, et comment la théorie esthétique peut, en retour, éclairer la nature de l’activité ludique.
Les contributions portant sur l’intersection entre esthétique et game studies sont les bienvenues. Les thèmes possibles incluent notamment les suivants :
- Quelle est la nature des jeux en tant qu’objets esthétiques, et en quoi diffèrent-ils des œuvres d’art traditionnelles ?
- Comment le gameplay, l’interactivité et les attitudes des joueurs façonnent-ils l’expérience esthétique ?
- Faut-il distinguer l’esthétique du joueur, du spectateur et du concepteur – et ces perspectives peuvent-elles être réarticulées ?
- Comment l’esthétique des jeux se rapporte-t-elle à celle du sport ou d’autres pratiques performatives ?
- Faut-il distinguer l’esthétique du jeu et l’esthétique du gameplay ?
- En quel sens les jeux peuvent-ils être considérés comme des œuvres d’art, et quelles formes de valeur esthétique réalisent-ils ?
- Comment le son, la musique, la narration, le level design et la composition visuelle interagissent-ils avec l’agency et l’affect dans l’esthétique des jeux ?
- Qu’est-ce que l’étude des jeux peut nous apprendre sur la nature et l’étendue de l’expérience esthétique elle-même ?
Crédit image :
edojob – Adobe Stock