Officier de la gendarmerie (centre de recherche de la gendarmerie nationale), maître de conférences associé en informatique à l’université Gustave Eiffel et docteur en histoire moderne, Thomas Fressin publie l’ouvrage issu de sa thèse de doctorat aux éditions du Septentrion : Élites en armes, élites en jeux – Les compagnies des chevaliers de l’arc, de l’arbalète et de l’arquebuse. XVIIe-XVIIIe s. Présentation.
Des nobles jeux de tir aux milices bourgeoises, ce livre révèle comment des bourgeois se sont faits chevaliers pour jouer, paraître et peser sur la ville d’Ancien Régime.
Sous l’Ancien Régime, l’élite urbaine aspire à la noblesse. Dans de nombreuses villes du royaume, des compagnies proposent aux habitants de devenir chevaliers d’un « noble jeu » de tir. Cette chevalerie bourgeoise s’exerce à l’arc, à l’arbalète ou à l’arquebuse, et mêle durablement pratiques militaires, usages confraternels, coutumes curiales et traditions ésotériques. Privilégiés dans leur cité, ces tireurs défendent jalousement leurs droits face aux pouvoirs en place et se distinguent lors de grands concours de tir, spectacles olympiques urbains où ils rivalisent d’adresse et d’apparat.
En suivant ces compagnies durant l’époque moderne, cet ouvrage révèle une forme de sociabilité urbaine méconnue, distincte de la milice bourgeoise et proche de la franc-maçonnerie. S’appuyant sur un vaste corpus d’archives, il croise histoire urbaine, histoire des jeux et histoire militaire. Au-delà du mythe guerrier que ces compagnies ont cultivé, ce travail interroge la réalité de leur rôle en ville.
https://www.septentrion.com/fr/book/?gcoi=27574100981010
Crédit photo : Private Collection/Bridgeman Images